Dec 22, 2014

[Chine] Le Palanquin des larmes.


La quatrième de couverture.
« J'étais jolie : ce n'était pas un mérite, ce fût une malédiction. »
Choisie pour son exceptionnelle beauté, Chow Ching Lie a treize ans lorsqu'elle est contrainte d'épouser l'héritier d'une des plus grosse fortune de Shanghai. Elle incarne ainsi sous le règne de Mao Zedong, le drame de la femme soumise et de son asservissement séculaire.
D'un bouleversement à l'autre, Chow Ching Lie est soumise à rude épreuve et trouvera refuge dans la musique. Envers et contre tout, elle poursuit ses cours de piano et entre au Conservatoire. Artiste et virtuose, elle voir alors s'ouvrir à elle une carrière internationale.

Avis.
Une histoire très intéressante et un témoignage original. Dans cette première partie, Chow Ching Lie nous raconte la difficulté d'être une femme et une fille dans la Chine avant et sous Mao : par exemple, si les familles ont une fille comme premier enfant, elles s'en débarrassent en jetant l'enfant dans une poubelle. Elle nous montre une Chine très différente que celle que les Occidentaux pensent connaître. Elle nous raconte la guerre, les invasions, le Grand Bond en Avant, les Cent Fleurs et la Révolution culturelle : on s'aperçoit de la brutalité des gens lorsqu'elle nous raconte la guerre sino-japonaise : « en 30 ans, les Japonais ont fait près de 5 millions de morts avant la Seconde Guerre mondiale ».
Le Palanquin des larmes présente l'enfant et l'adolescence de l'auteure et la deuxième partie, Dans la main de Bouddha, présente sa vie en France.
J'ai aimé lire ce témoignage : le style d'écriture est très fluide ; l'auteure nous donne son propre point de vue sur les évolutions de son pays et sur sa vie ; le texte contient un mélange de ton : d'abord, tragique, puisqu'on voit une sorte de fatalité avec son destin, et enfin, pathétique, puisque son histoire nous émeut tout au long du livre.
Dans son roman, Chow Ching Lie nous décrit, avec tous les souvenirs des détails qui lui sont restés, toutes les personnes qu'elle a croisé, tous les lieux où elle a été. A travers ses descriptions, on ressent plus ou moins les mêmes émotions envers les gens présents dans le livre que l'auteure elle-même.
C'est un récit qui nous fait réfléchir sur la façon de vivre des Chinois durant le XXè siècle. Il nous fait également rire et pleurer car ce qu'elle vit est tellement incroyable que c'en est choquant.

Je n'ai pas lu pareil témoignage ! J'ai eu de la peine pour l'auteur pendant toute ma lecture ; les événements et ce qu'elle a vécu sont horribles, choquants mais poignants. C'est un roman remplit d'émotions.

Chow Ching Lie / J'ai lu / 1975 / 443 pages.

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